Justice : des présidents africains contre la peine de mort

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À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, des chefs d‘État africains ont exprimé, ce mercredi 10 octobre, leur hostilité à la peine capitale, un châtiment souvent dénoncé par des ONG de défense des droits de l’homme.
L’humanité célébrait hier la journée mondiale contre la peine capitale. Une journée instituée en 2003 pour faire la promotion de l’abandon de cette sentence. En cette seizième édition, de nombreuses ONG dont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) ont encore saisi l’occasion d’appeler des pays pratiquant encore cette sentence à y renoncer, parce qu‘étant un « châtiment archaïque, inhumain et dégradant ».
Tout se passe comme si, avant même d’être exécutées, ces personnes n’avaient déjà plus droit à la vie, comme si elles n’étaient plus considérées comme des « êtres humains », peut-on lire dans la déclaration de la FIDH à l’occasion de cette 16è Journée mondiale contre la peine de mort.
« L’abolition de la peine de mort, en droit ou dans la pratique, est une condition préalable à l’adhésion au Conseil de l’Europe, et l’interdiction absolue de la peine de mort, quelles que soient les circonstances, est consacrée tant par les protocoles n° 6 et n° 13 à la Convention européenne des droits de l’homme que par la charte des droits fondamentaux de l’UE », a pour sa part souligné l’Union européenne.
Une atteinte à la dignité humaine, selon Mnangagwa
Réagissant à ces appels, le chef de l‘État zimbabwéen s’est montré lui aussi favorable à son abolition. « Je suis tout à fait d’accord. La peine de mort est un affront à la dignité humaine. Il constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant et est contraire au droit à la vie », a déclaré Emmerson Mnangagwa.
Si le Zimbabwe pays n’a plus exécuté ses condamnés à mort, la Constitution de 2013 autorise néanmoins la peine capitale. Des rapports d’ONG indiquent qu’en 2017 le pays comptait plus de 90 prisonniers condamnés à la peine capitale. Étant donné qu’une cinquantaine de Zimbabwéens se portaient candidats au poste de bourreau, Robert Mugabe avait plaidé pour le rétablissement du châtiment.
La peur bleue de Magufuli
Dans d’autres pays africains la peine de mort figure dans les textes. Mais, la peine n’est pas appliquée. Le cas de Tanzanie. Le code pénal tanzanien, en son article 16, prévoit la peine de mort pour des infractions graves telles que le meurtre et la trahison.
Mais, le président John Magufuli n’entend pas signer un arrêt de mort. « Je sais qu’il y a des personnes qui ont été reconnues coupables de meurtre et qui attendent la peine de mort, mais s’il vous plaît, ne m’apportez pas la liste pour décision, car je sais à quel point, il est difficile de l’exécuter », a-t-il déclaré.
Africanews

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