Deux défenseuses des journalistes brièvement interpellées en Tanzanie

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Deux membres du Comité de protection des journalistes (CPJ), une organisation américaine de protection de la presse, ont été interpellées mercredi soir à leur hôtel de Dar es Salaam et relâchées jeudi matin, a indiqué une source officielle sud-africaine.
La Sud-africaine Angela Quintal, coordinatrice Afrique du CPJ, et sa collègue kényane Muthoki Mumo ont été appréhendées mercredi soir à leur hôtel de la capitale économique tanzanienne par des hommes se présentant comme des policiers de l'immigration.
Jeudi matin, le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Ndivhuwo Mabaya, a annoncé à l'AFP qu'elles avaient "toutes deux été libérées".
"Nous devons comprendre les circonstances (...), avoir tous les faits afin de pouvoir demander des explications aux autorités tanzaniennes", a ajouté M. Mabaya.
Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a ensuite précisé que les passeports des deux journalistes leur avaient été restitués et qu'elles étaient "libres de quitter la Tanzanie".
"Nous sommes contents que cet incident ait été résolu. Les deux journalistes ont récupéré leur passeport et elle peuvent voyager aujourd'hui", a déclaré dans ce communiqué la ministre des Affaires étrangères, Lindiwe Sisulu.
Le CPJ a précisé que Mme Quintal, ancienne journaliste du quotidien sud-africain Mail and Guardian et sa collègue Muthoki Mumo étaient en Tanzanie pour une mission de travail.
Le gouvernement tanzanien s'est fait très discret sur cette affaire, son porte-parole affirmant ne pas savoir pourquoi les deux membres du CPJ avaient été arrêtées "après avoir été autorisées à entrer dans le pays".
Toutefois, un policier de l'immigration a expliqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, qu'elles avaient "participé à des rencontres avec des associations de journalistes tanzaniens alors qu'elles étaient officiellement venues pour une simple visite".
Depuis l'arrivée au pouvoir du président John Magufuli fin 2015, plusieurs journaux critiques du gouvernement ont été fermés. Des lois considérées comme des restrictions de la liberté d'expression ont par ailleurs été adoptées en dépit de protestations de la part des organisations de défense des droits de l'Homme.
Au classement mondial 2018 de la liberté de presse de Reporters sans Frontières (RSF), la Tanzanie occupe la 93e place sur 180 pays, soit un recul de 10 places par rapport à l'année précédente.
VOA

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