L’Onusida plaide pour « un accès universel » au dépistage du VIH pour vaincre l’épidémie

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A peine la moitié des séropositifs connaissent leur statut sérologique en Afrique de l’Ouest et centrale.
L’Onusida plaide pour « un accès universel » au dépistage pour vaincre l’épidémie, à l’occasion de sa campagne pour la 30e journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre lancée jeudi 22 novembre à Abidjan. « Nous avons besoin d’un accès universel au dépistage du VIH. Ce dépistage doit être aussi accessible qu’un test de grossesse », déclare le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, cité dans le dernier rapport de l’agence « Savoir, c’est pouvoir ».
En 2017, à l’échelle mondiale, « 75 % des personnes vivant avec le VIH » connaissaient leur statut, contre « 66 % en 2015 », soit une amélioration sensible, selon M. Sidibé. « Mais nous sommes loin d’avoir gagné le combat : aujourd’hui, on baisse la garde, ce qui risque de conduire à un rebond de l’épidémie », a averti M. Sidibé à Abidjan, rappelant que l’objectif de l’Onusida était de vaincre l’épidémie d’ici à 2030.
« Le dépistage est un point de départ, mais le traitement et la suppression de la charge virale sont indispensables pour vaincre l’épidémie », a-t-il précisé, déplorant que « la stigmatisation et la discrimination » des personnes séropositives « comptent encore parmi les principaux obstacles » à la prise en charge des malades.
« Stigmatisation »
L’Afrique de l’Ouest et centrale, et la zone Afrique du Nord-Moyen-Orient sont les deux zones où la situation est la plus inquiétante. A peine la moitié (48 %) des séropositifs connaissent leur statut sérologique en Afrique de l’Ouest et centrale, et seulement 40 % des séropositifs bénéficient d’un traitement antirétroviral (respectivement 50 % et 29 % pour l’Afrique du Nord-Moyen-Orient). Ainsi, en Afrique de l’Ouest et centrale, près de 10 millions de personnes ne savent pas qu’elles sont séropositives, selon M. Sidibé.
L’insuffisance des financements nationaux, des systèmes de santé défaillants et des soins de santé payants expliquent cette situation, outre la discrimination contre les personnes les plus touchées – les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les prostitués des deux sexes et les utilisateurs de drogue.
En Côte d’Ivoire, d’importants progrès ont été faits en trois ans, grâce notamment à l’aide financière des Etats-Unis. Le nombre de malades sous traitement « a doublé » et le taux de couverture du dépistage a quadruplé pour atteindre les deux tiers de la population, selon le rapport.
« Le premier pilier de la lutte contre le sida, c’est le dépistage, surtout pour les populations clés » (à risque), mais « l’accès au traitement » et « la stigmatisation » restent des « problèmes clés », a déclaré à l’AFP le docteur Camille Anoma, directeur de l’Espace Confiance, une clinique spécialisée d’Abidjan pour les populations LGBT.
Le Monde

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