Cameroun-Société : Le travail des enfants, une réalité dans des mines d’or (région de l’Est)

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Des enfants de 14 ans, déjà travailleurs dans les mines d'or de Betaré Oya, au Cameroun
A peine âgés de 14 ans, Augustin et Agbonouhou apparaissent comme des enfants aux problèmes d’adultes. Ils travaillent quotidiennement dans les mines d’or, pour nourrir leurs familles respectives.
L’allure naïve et inoffensive, deux adolescents timides rencontrés dans des mines d’or sauvage de Bétaré Oya, dans le département du Lom et Djérem, région de l’Est, s’atellent à mener leur activité quotidienne. Munis de bassines et pèles, ils évitent les regards et donnent l’impression d’avoir peur. Augustin et son ami Agbonouhou, puisqu’il s’agit d’eux, sont des réfugiés centrafricains âgés d’environ 14 ans.
Le dos courbé et les pieds dans l’eau, les deux adolescents effectuent des mouvements circulaires avec leur outil de travail à savoir, une bassine en plastique. A l’intérieur, du limon, du sable et de l’eau. Ils vont faire ce mouvement, jusqu’à obtenir de petites paillettes d’or. Les enfants nous confient que cela leur rapporte souvent entre 2.000 et 3.000 F CFA par jour. Cet argent leur permet d’aider leur famille non seulement à acheter de la nourriture, mais aussi à subvenir à d’autres besoins.
Sans protection
Vêtus de shorts et de tee-shirts, sans aucune autre protection, les deux sont abandonnés à eux-mêmes. Leur lieu de travail, dangereux, sont des petits puits, contenant de l’eau. Peut-être heureusement pour eux, leur camp de fortune improvisé et érigé il y a deux ans, n’est pas loin de là.
En effet, le travail des enfants dans ses mines d’or sauvage, apparait comme une ressource financière, qui soulage énormément les familles à Bétaré Oya. Au-delà de la participation   à la nutrition, les enfants s’occupent aussi de la location de la parcelle sur laquelle chaque case est installée. Il s’agit en fait, des sortes de branchages et de végétaux séchés élevés. Ils sont ainsi construits sur le terrain privé d’un habitant de la communauté.
Ecoliers ou pas ?
Le prénommé Sylvain, père d’Augustin, précise d’ailleurs que « chaque famille de réfugiés qui s’est implantée ici est redevable d’un loyer par parcelle de 500 F CFA par semaine, soit 2.000 F CFA par mois . Et si les Centrafricains ont choisi cet endroit pour élire domicile, c’est parce qu’il y a encore peu, une entreprise chinoise y exploitait une mine d’or, attirant les réfugiés et leurs espoirs ».
A la question de savoir si les enfants vont à l’école, la réponse affirmative nous a été donnée. Pourtant quand ils sont surpris au travail, nous sommes un jour de classe et en matiné. Le Président des réfugiés, Levis, explique que leurs journées sont rythmées par la matinée en classe et l’après-midi dans cette piscine d’extraction. Les enfants réfugiés bénéficient de facilité pour leur scolarisation puisque si au Cameroun l’école engendre des frais pour les parents avec notamment le financement de l’uniforme ou encore des cahiers et des stylos, pour le moment, les enfants réfugiés sont pris en charge.
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Source : UNICEF Cameroun

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