Cameroun – Crise anglophone : Des déplacés en souffrance à Yaoundé

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Le quartier Melen à Yaoundé-Cameroun
Les villes et localités des régions francophones du pays, sont de plus en plus envahies par les déplacés du nord-ouest et du sud-ouest. C’est le cas de la ville de Yaoundé.
Quartier Melen à Yaoundé, ce vendredi : un jour apparemment ordinaire. Des jeunes vont et viennent, ce sont des étudiants entend-on dire. Mais parmi eux on constate aussi la présence de personnes d’obédience anglophone, déambulant en donnant l’impression d’être en train de s’ennuyer.
C’est le calvaire de nombreux originaires des régions du nord-ouest et du sud-ouest, qui ont fuis leurs localités à cause de la crise. Le prénommé John père de six enfants en est victime. Vêtu de T-shirt blanc, l’ère triste et pale, l’enseignant au chômage, qui passe presque toutes ses journées désormais à la maison, a de la peine à raconter son histoire.
En effet ce déplacé de la région du nord-ouest du Cameroun, a perdu son métier depuis novembre 2016, et sa maison ainsi que sa propriété, ont été incendiés par des inconnus. Chose qui entraine la fuite, débouchant aux difficultés inexplicable. Ils vont tous « s’éparpiller en fuyant la guerre » raconte le chef de famille, presque en larme. Un membre de la famille, un peu affaibli par le poids de l’âge, a dû laisser sa vie en chemin. « C’est grâce à l’aide des amis, que j’ai réussi à évacuer mes 6 enfants, dans la région de Yaoundé » affirme-t-il. Dépourvu de tout objet et même des vêtements, ils vont réussir à avoir un appartement de deux chambres un salon. Même s’ils accusent trois mois d’arriéré de loyer, soit 150 milles F CFA, à en croire John. Il précise qu’il supplie le bailleur quasiment tous les jours, pour ne pas se faire expulser, mais pour combien de temps le propriétaire de la maison restera-t-il patient.
John raconte aussi qu’ils « se couchent à même le sol, mange difficilement depuis plus de huit mois qu’ils sont à Yaoundé ». Leur existence jusqu’ici, dépend des personnes généreuses qui leur procurent individuellement de quoi manger, des vêtements et autres. Ils n’ont « jamais reçu l’aide du gouvernement et sont convaincu que les autorités ne sont même pas au courant d’eux, des difficultés qu’ils traversent », ajoute-t-il. Ce qui fait sa fierté et celle de sa famille, c’est le résultat scolaire de ses enfants, qui depuis trois ans, n’allaient plus à l’école. « Malgré tout ce qu’ils traversent, ils ont passé pour les classes supérieures », affirme le père. Le rêve de John qui se veut très courageux, est de pouvoir enseigner dans un établissement de la ville de Yaoundé en début d’année scolaire prochaine, mais il reste ouvert à tout autre travail qu’on peut lui proposer.
Pas loin de cette famille, se trouve celle de Peter, également dans un besoin extrême. Ici, les membres ont aussi eu une seule option, celle de partir. « Les persécutions atteignaient déjà leur comble » relève Peter. Ne menant aucune activité de revenue, l’agriculteur ayant abandonné ses porcs et ses champs, a laissé certains membres de la famille dans le nord-ouest.

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